Le Forum annuel de dialogue politique de l’ADEA souligne l’opportunité de l’éducation secondaire en Afrique afin de préparer les jeunes pour l’avenir du travail

31 juillet 2019, Johannesburg, Afrique du Sud– L’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA) a clôturé hier son Forum annuel sur le dialogue politique de haut niveau sur l’éducation secondaire en Afrique ayant pour thème : Préparer les jeunes à l’avenir du travail. En partenariat avec la Fondation Mastercardet le ministère de l’Education de base (DBE) d’Afrique du Sud et la Banque africaine de développement,  l’événement a confirmé la nécessité de réformer l’enseignement secondaire en Afrique en améliorant la profession enseignante, la qualité de l’enseignement et la fourniture de compétences du XXIe siècle, également à travers l’innovation et les technologies de l’information et de la communication (TIC).

Ouvert par Son Excellence Cyril Ramaphosa, le président de la République sud-africaine, les ministres de l’éducation des quatre coins du continent se sont engagés à concevoir et à transformer les systèmes éducatifs de l’enseignement secondaire afin de mieux préparer la jeunesse africaine à la nature changeante du travail.

Dans son discours d’ouverture, le président Ramaphosa a souligné que « le dividende démographique de l’Afrique ne peut être obtenu que par notre investissement dans la ressource la plus rentable du continent : les jeunes ».

Il a aussi ajouté que « L’enseignement secondaire responsabilise les jeunes à un moment où ils ont plus d’espoir, plus expérimentés et plus flexibles dans leurs vies, et nous devrions accueillir cette étape de la vie comme un moyen de donner aux jeunes les moyens de prendre en charge leur vie et notre avenir collectif ».

Le rapport de la Fondation Mastercard sur « L’enseignement secondaire en Afrique : préparer les jeunes à l’avenir du travail » est le plus récent effort de collaboration de la Fondation entre de multiples donateurs, partenaires et organisations de recherche, y compris un partenariat clé avec l’ADEA. Le rapport de cette étude, qui devrait être publié au début de 2020, met l’accent sur le rôle de l’enseignement secondaire pour faire en sorte que les jeunes acquièrent les compétences, les connaissances et les expertises nécessaires pour réussir sur un marché du travail dynamique et mondialisé.

Au cours de ce forum de deux jours, plus de 160 participants ont souligné l’immense opportunité qu’ont les jeunes africains, face à un marché du travail en constante évolution avec l’avènement de la quatrième révolution industrielle. Le Forum a suscité de vives discussions sur la modification des programmes afin de dispenser les compétences nécessaires, de former un corps d’enseignants hautement qualifié, de garantir l’accès de tous les jeunes à l’enseignement secondaire, quelles que soient les circonstances, et de trouver les moyens de financer la réforme ou la transformation nécessaire des systèmes éducatifs actuels.

Mme. Angelina Matsie Motshekga, Ministre sud-africaine de l’éducation de base, a déclaré : « Je suis convaincue que les discussions de ces deux derniers jours contribueront grandement à une approche régionale et continentale intégrée de la modernisation de nos opportunités et de nos résultats post primaires. Ceci, nous le devons à nos enfants. Permettez-moi de remercier l’ADEA qui agit comme un levier du changement et permet d’élever la voix de l’Afrique sur les priorités de l’éducation aux niveaux régional, continental et mondial. Nous attendons avec impatience la multiplication de ces forums, car ils offrent l’occasion de dialoguer avec nos homologues, experts et partenaires – et de faire de l’éveil de l’Afrique une réalité. Merci encore une fois aux ministres, sous-ministres, experts, personnes-ressources et universitaires qui se sont joints à nous et ont ouvertement partagé des leçons ; nous permettant d’apprendre les uns des autres ».

Albert Nsengiyumva, Secrétaire exécutif de l’ADEA, a ajouté : « L’enseignement secondaire devient de plus en plus la plate-forme de préparation des jeunes au monde du travail, d’où la nécessité d’un changement de paradigme dans la réforme de ce sous-secteur. Les pays africains doivent réformer l’enseignement secondaire en commençant par attirer des candidats solides dans la profession d’enseignant, puis en formant et en recyclant un nombre suffisant d’enseignants, ainsi qu’en dotant les jeunes du monde du travail des compétences nécessaires pour accroître leur capacité d’adaptation et leur résilience ». 

Dans ses différentes interventions, il a également souligné non seulement l’importance d’explorer et de mettre en œuvre des mécanismes de financement innovants pour la durabilité, mais également d’accorder une priorité plus grande à la formation technique, professionnelle et pédagogique (EFTP) ainsi qu’à la science, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques (STEM) et aux TIC en renforçant les partenariats publiques et privés (PPP).

Kim Kerr, directrice des programmes régionaux de la Fondation Mastercard, a ajouté : « Le rapport de la Fondation Mastercard sur l’enseignement secondaire a pour objectif d’engager un dialogue sur l’importance de répondre à la demande croissante en matière d’enseignement secondaire et sur l’urgence de préparer les jeunes africains à réussir dans un environnement de travail en constante évolution. Le forum de l’ADEA a contribué au dialogue régional sur la meilleure façon de faire en sorte que l’Afrique tire profit du potentiel de sa population croissante de jeunes. Nous sommes reconnaissants à l’ADEA et au ministère de l’Éducation de base de l’Afrique du Sud d’avoir réuni un groupe d’acteurs aussi dynamique pour travailler ensemble à la transformation du défi de la jeunesse en une opportunité pour le continent africain ».

L’enseignement secondaire constituera de plus en plus une plate-forme essentielle pour que les jeunes africains entrent dans le monde du travail. La numérisation, l’automatisation et les avancées technologiques modifient la nature du travail dans le monde, y compris en Afrique. Ces tendances augmenteront l’incertitude et le rythme des changements, augmentant ainsi les compétences qui aident les jeunes à résoudre les problèmes de manière adaptable, résiliente et créative.

Le moment est venu de repenser les compétences nécessaires aux jeunes pour intégrer le monde du travail après l’enseignement secondaire et de concevoir intentionnellement des systèmes d’enseignement secondaire tenant compte de ces compétences. La mise en place des conditions propices à la croissance économique et à la création d’emplois en Afrique sera essentielle. Dans ce cadre, les jeunes devront également être préparés avec les connaissances et les compétences requises pour réussir en tant qu’entrepreneurs et devenir des personnes recherchées par les employeurs.

Enfin, le forum a saisi l’occasion de rassembler les ministres africains de l’éducation et les principaux acteurs et partenaires pour les informer sur le récent atelier sur la création du Fonds africain pour l’éducation (FAE).

« Ce fonds est un mécanisme africain unique pour relever les défis de l’éducation et du développement des compétences en Afrique » a déclaré Hendrina Chalwe Doroba, manager de la division éducation et développement des compétences de la Banque africaine de développement lors du forum de l’ADEA.

L’atelier sur le FAE avait été organisé conjointement par la Banque, l’ADEA et l’Union africaine à Abidjan les 16 et 17 juillet 2019. 

Source adeanet.org

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